La fuite du Jean Bart

La construction du Jean Bart a débuté en décembre 1936. En septembre 1939, il se trouve encore sur cale. Sa sortie est prévue pour le 1er octobre 1940.

A partir du 22 mai 1940, devant l'avance allemande, la construction fut accélérée. Le nombre d'ouvriers passe à 3.500. Ils montent les chaudières, l'appareil moteur et les transmissions en moins d'un mois.

La tranchée qui devait faire franchir au Jean Bart le plateau qui s'étendait au sud de la forme de radoub fut terminée à la hâte. La profondeur de dragage atteint 8,50 m pour un tirant d'eau du Jean Bart de 8,10 m sur 50 m de large au lieu des 70 m prévu à l'origine ; cela forçait à attendre la grande marée du 18 au 22 juin pour sortir le bâtiment, ou à reporter l'opération au 3 juillet.

L'armement principal n'est constitué que par la tourelle avant. Les pièces secondaires se limitent à quatre affûts doubles de 13,2 mm, complétés par deux affûts doubles de 90 mm, livrés le 15 et installés le 18, et par deux affûts doubles de 37 mm et deux affûts quadruples de 13,2 mm montés de justesse quelques heures avant l'appareillage.

Les obus de 90 mm ne furent jamais livrés car les transports les amenant de Lorient eurent un accident.

 

L'arrivée des allemands à Rennes le 18 juin, précipite le départ. Les ordres du capitaine de vaisseau Pierre-Jean Ronarc'h sont de rallier Casablanca ou de saborder le navire. Des équipes sont mise en place avec des masses et des chalumeaux pour détruire le bateau au cas où les allemands arriveraient. Dans la journée, une colonne de véhicules potentiellement allemande, arrivant de Nantes est annoncée. A 17h00, les véhicules sont identifiés comme britanniques.

A la nuit les chaudières s'éteignent provoquant une panne de l'ensemble de la machinerie. A 3h30, bien que les réparations soient encore en cours, les 5 remorqueurs commencent les manœuvres pour la sortie du cuirassé. L'absence de visibilité et la difficulté de voir les bouées marquant les limites de la tranchée, font que le Jean Bart s'échoue. Il fallut 3/4 d'heure d'efforts aux remorqueurs pour le dégager. 

Le Hardi à Nantes
Le Hardi à Nantes

A 4h40, trois bombardiers allemands attaquent le navire, une bombe de 100 Kg tombe entre les deux tourelles de 380 mm sans causer de dégât important (un trou de 20 cm sur le pont et des cloisons soufflées). Les chasseurs français arrivés pour 

Le Mameluk
Le Mameluk

assurer la protection aérienne du départ, sont confondus avec des appareils ennemis et accueillis par le feu de la DCA. A 6h30, le Jean Bart est rejoint par deux torpilleurs d'escorte (le Hardi et le Mameluk). A 11h00 le ravitaillement en eau et en mazout est complété par le ravitailleur Tarn.Le reste de la route  se réalise jusqu'à Casablanca malgré de nombreux problèmes techniques réparés par les ouvriers et les ingénieurs des chantiers de Penhoët embarqués avant le départ.

Le pétrolier Tarn

 

Le Jean Bart à Casablanca