Jean de Neyman, dernier fusillé de Loire Inférieur

Né à Paris, le 2 août 1914 de parents polonais. Il devient début 1934 militant communiste et aide les militants antifascistes allemands emprisonnés.

 

Professeur des écoles à St Etienne, il est affecté à la mobilisation dans un laboratoire d’analyse de la nourriture de l’armée (du fait de sa myopie). L’Etat Vichyste le destitue de tous ses mandats de fonctionnaire (du fait de ses origines Polonaises). Il prit donc un poste de professeur au cours secondaire privé « Le Cid » à La Baule.

Jean soldat et sa plaque d'identité
Jean soldat et sa plaque d'identité
Carte de train de Jean De NEYMAN
Carte de train de Jean De NEYMAN

Lorsque deux résistants tirent sur des allemands, les occupants prennent 10 otages. Ils menacent de les exécuter sous 48 heures si les responsables ne sont pas dénoncés. Jean aide les deux résistants à fuir. Ensuite, déguisé en soldat allemand, il se rend à vélo à la kommandantur de Guérande pour déposer un courrier. Ce courrier menace : « Si les otages sont fusillés, le chef de la Kommandantur sera exécuté et on tirera sur tout soldat allemand sortant de la ville. Cette audace paya, car les otages furent libérés ».

En mai 1944, il prend le maquis et fonde un groupe de résistants dont le lieu de résistance est la ferme de Joseph Gergaug à Kermichel, à Saint-Molf.

Son groupe comprend, outre Jean et Joseph, Bernard Cabasson, Jean Mercy, Jean et Pierre Leguen et quelques autres, ainsi qu’un déserteur de nationalité tchèque, Gerhardt enrôlé dans la Wehrmacht.

 

Les actions du groupe sont importantes : actions de guérillas contre les éléments isolés, capture d’équipements et d’armes, coupures et ruptures de câbles électriques et téléphoniques, sabotages de transformateurs et d’ouvrages militaires, destruction et désamorçage de mines, chasse aux Géorgiens pilleurs de fermes, etc.

En plein jour ils attaquent le poste allemand de Pont d’Armes, un soldat est tué par Cabasson.

 

Début août, deux déserteurs de la Kriegsmarine se joignent à eux et participent à quelques actions.

Le 17 août, non loin de la ferme, les deux marins sont surpris par une patrouille allemande. L’un s’enfuit mais l’autre est capturé. Jean de Neyman essaie de le secourir en discutant avec les soldats mais il est arrêté à son tour.

Les deux hommes sont emmenés au château d’Heinlex à Saint-Nazaire. Torturé avant d’être fusillé, le déserteur allemand Gerhart dénonce ceux qui l’ont accueilli.

 

 

Chateau de Heinlex
Chateau de Heinlex

A leur tour, Gergaud et Mercy sont arrêtés et la ferme de Kermichel est pillée. Ils rejoignent Jean à Heinlex où on les laisse trois jours sans manger avant de les transférer au camp Franco à Gron. Sont également arrêtés le Capitaine David et le premier maître Breton (gendarme maritime) soupçonnés d’avoir transporté des membres du groupe.

 Au cours du jugement, Jean réussi à innocenter ses camarades de lutte en prenant sur lui toutes les responsabilités. Il est condamné à mort, le 25 août 1944, au château d’Heinlex. Il s’est défendu lui-même avec tellement de courage qu’il impressionna les Allemands.

Il signe son pourvoi (qui est rejeté) auprès de l’officier allemand commandant la place de Saint-Nazaire.

Il fut fusillé le 2 septembre 1944 au château d’Heinlex.

Monument en l'honneur de Jean De NEYMAN au château de Heinlex
Monument en l'honneur de Jean De NEYMAN au château de Heinlex

Un décret du 24 avril 1946, publié au journal officiel en date du 17 mai 1946 attribue à Jean, à titre posthume, la Médaille de la Résistance avec « Rosette »

 

Sa dernière lettre est disponible sur le site du Comité du souvenir :

http://www.resistance-44.fr/

 

 

Iconographie : Fonds Dominique de Neyman - Collection Patrice Morel.
Gérée par le musée de la Résistance nationale.